23 janvier 2017

Le PS était mort mais il ne le savait pas.


 En 2005 le referendum sur le Traité établissant une constitution pour l’Europe avait déchiré le parti socialiste.  La ligne officielle prônait le oui, certains dirigeants du parti s’en étaient désolidarisés à l’exemple de Laurent Fabius qui milita pour le non vainqueur.   A l’issue de cette campagne où les fractures du Parti Socialiste s’étaient étalées au grand jour, après cet acte incroyable de déloyauté où l’on vit un homme politique faire campagne contre son propre parti, on pouvait penser qu’une clarification allait avoir lieu. Le PS allait devoir choisir entre une ligne pragmatique et la ligne politicienne des idéologues. Cette clarification n’a jamais eu lieu. Et c’est tout le talent de François Hollande d’avoir su restaurer l’unité du Parti.
Ce fut tout son talent et son erreur historique.
Car cette unité retrouvée n’était qu’une unité de façade, une unité de bois, repoussant pour des lendemains de crise bien plus profonde cette refondation qui était nécessaire. Ce travail de compromis (un art qui se révèle aujourd’hui bien maléfique) a empêché le parti socialiste de penser sa place dans le nouveau monde. Et c’est le même François Hollande qui, une fois élu président, s’attacha à rouvrir cette plaie en faisant quoi ?  Simplement en prenant parti. En prenant parti contre un parti unifié autour de rien. Les frondeurs étaient toujours là et leur déloyauté n’a eu d’égale que celle de Laurent Fabius en 2005. Le PS n’a pas supporté que la ligne de Hollande et Valls gouverne la France. Le PS et après lui le pays entier paie aujourd’hui ce colmatage malheureux de 2005.

Le PS aurait probablement du à la suite de ce référendum meurtrier se scinder entre une ligne Valls (Macron) et une ligne Hamon (Melenchon). Cette division n’a pas eu lieu, n’a pas été pensée, n’a pas été possible, c’est pourquoi aujourd’hui elle devient un déchirement d’autant plus violent qu’il est tardif.
Il est à parier qu’après cette primaire  de la « Belle Alliance » (quelle ironie) où la ligne de gauche à l’ancienne triomphe car la ligne pragmatique n’a pas su s’imposer (mais comment s’imposer sans majorité ?), il est à parier que le Parti Socialiste va mourir. Et nous dirons « enfin !» car il est en fait mort en 2005, afin que se renouvelle une offre de gauche contemporaine.
La clarification est violente, brutale et cruelle. Le même homme est responsable de ce qu’elle n’a pas eu lieu quand il le fallait et de ce qu’elle s’impose dans la douleur aujourd’hui. Il n’empêche que cette clarification va se faire pour le bien de la gauche comme pour le bien de la politique en France.
Benoit Hamon va gagner la primaire, il sera le candidat socialiste à la présidentielle pour ne pas la gagner mais pour prendre le Parti Socialiste.
Ce qui laisse libre la voie à l’autre partie du PS pour accompagner Emmanuel Macron.
Ce dernier a eu raison de ne pas attendre une clarification qui ne pouvait avoir lieu. Quand on dénie la réalité, la réalité s’impose quand même sans aucune pitié.

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