28 avril 2017

Lettre à ceux qui sont tentés par l'abstention

J-3 avant le désastre
Le désastre peut s’appeler chez moi Le Pen.
Je le sais, il peut s’appeler chez vous Macron également.

Je m’adresse à ceux qui aujourd’hui affrontent un dilemme terrible que je comprends.
Je le comprends d’autant mieux qu’avant les résultats du premier tour, j’avais déjà réfléchi au dilemme qui pourrait être le mien si Mélenchon était finaliste contre Le Pen. J’aurais eu moi-même à affronter deux perspectives que je jugeais être désastreuses et à choisir l’une des deux.
J’ai écrit (Facebook, mon blog) à l’avance que j’aurais voté Mélenchon.

Avant de vous parler de ce dilemme que vous vivez, je veux vous dire très vite d’où je parle pour que tout soit clair.

Je suis petit fils d’immigrés juifs polonais. Mes grands-parents  paternels étaient communistes.
Je suis enfant d’enfants cachés pendant la guerre.
Je suis petit-fils d’un homme arrêté par la gendarmerie française, livré par eux aux Allemands et mort en déportation dans le camp nazi de Maidanek.
C’est dire les raisons que j’ai de choisir n’importe quel bulletin contre l’extrême droite,  les héritiers de Pétain, les complices de révisionnistes et les partisans de la préférence nationale.
On peut ne pas avoir ces raisons plutôt personnelles, intimes même. On peut aussi estimer que Le Pen, ça n’a rien à voir avec tout ça.

Autre chose : j’ai voté Macron au premier tour. Ça n’était pas pour moi un vote utile ni un vote par défaut. Je pense que les solutions réalistes pour régler les problèmes du chômage, des inégalités sociales et de la nécessaire adaptation à ce monde globalisé qui change si vite, c’est Emmanuel Macron qui les propose.
On peut ne pas partager cette opinion.

On peut avoir l’opinion contraire : Le projet de Macron serait justement ce qui crée de l’inégalité, de la précarité et donc de la violence sociale, et donc du désespoir, et donc nourrirait la tentation de l’extrême-droite. J’entends cette opinion.

Un dernier mot : j’ai dans ma jeunesse fréquenté les trotskistes, les autonomistes bretons (sic), et j’ai toujours voté à gauche, la gauche socialiste.
J’ai toujours pensé que les inégalités sociales sont créées par la société et que c’était donc le devoir de la société que de les compenser, de les aplanir, de les traiter, à l’opposé de la droite qui selon moi jugeait ces inégalités comme naturelles et ainsi qu’on ne pouvait et ne devait rien y faire.
J’ai toujours été partisan de la liberté, liberté d’opinion, de mœurs, et donc la droite de l’ordre moral a toujours été mon adversaire. Dans les années 70 ça voulait dire quelque chose.
Un tout dernier mot : je gagne enfin bien ma vie grâce à mes films, les salaires que je reçois et les droits d’auteur. Personne ne faisait de cinéma dans ma famille. Je n’ai été aidé par personne. J’ai juste été à l’école, au lycée Jacques Decour à Paris, j’ai fait l’IDHEC. Des établissements publics. Et je paie beaucoup d’impôts. Et je men fous.

Je suis clair avec d’où je viens, si ça vous dégoûte déjà, vous pouvez arrêter la lecture de cette lettre que je vous adresse.

J’ai la trouille, je ne vous le cache pas, pour les raisons que vous pouvez comprendre, j’ai l’impression que les nervis du GUD, si Le Pen passe, viendront me chercher, vous chercher, quand ils le souhaiteront, en toute impunité, j’ai l’impression que le pire va recommencer, que ça va être la curée. C’est probablement exagéré, mais personnellement je ne prendrai jamais le risque. Si les sondages me disent que Le Pen va faire 10%, je voterai quand même contre elle.

Aujourd’hui tout le monde se tourne vers vous, car vous semblez avoir le scrutin en main. C’est votre abstention, dit-on, qui pourrait donner une chance à Le Pen de prendre le pouvoir.
Oui on essaie de vous culpabiliser (versant négatif), oui on essaie de vous séduire (versant positif).
Vous estimez que Macron est aussi atroce que Le Pen, et que c’est terrible de devoir choisir entre la peste et le choléra.

Je ne vais pas parler économie. D’abord je ne m’y connais pas obligatoirement mieux que vous. Je pense que personne, même les grands économistes qui ne sont pas d’accord entre eux, personne ne peut affirmer à 100% avoir raison.

Vous seriez dégoûté d’une remise en cause du droit du travail telle que vous l’a laissée entrevoir la loi El Khomry ? Je peux le comprendre. Mais je suis convaincu que vous n’êtes pas moins dégoûté par la préférence nationale.
Vous pensez que la sortie de l’Europe et de l’Euro est une bonne chose ? L’Europe technocrate et financière qui décide pour nous ? Le Pen le pense aussi. Mais elle veut financer les coûts exorbitants d’une telle sortie avec la préférence nationale, la taxe à l’importation et le renvoi des immigrés. Je ne pense pas que vous soyez en phase avec ça.
Je ne crois pas que des considérations économiques puissent apaiser votre dilemme.

Je sais que vous ne voulez pas de Le Pen, mais vous ne voulez pas lui faire barrage en votant pour ce que vous détestez (presque ?) autant.
Le barrage à Le Pen ne vaut pas de se salir les mains, de se compromettre, de céder sur ses idées.

Personnellement, je pense que si. Céder sur ses idées on le fait parfois. Parfois par amour, parfois par simple respect de l’autre.

Il y a une balance à faire et un raisonnement pragmatique et politique.
Balance : Mis à part le programme économique, et donc le choix de répartition sociale que cela implique, que vous mettez dos à dos, il y a d’autres considérations. Et en particulier les considérations sociétales, culturelles, humanistes. Là, concrètement, et au-delà des grands mots, il n’y a pas photo. Avec Macron, les gens ne seront pas stigmatisés, ni pour leur origine, ni pour leur choix de vie amoureuse, ni pour leurs opinions. Macron est peut-être libéral, mais il n’est pas partisan de l’ordre moral, il n’est pas réactionnaire. Vous pensez qu’il a la haine des pauvres ? Des gens qui souffrent ? De ceux qui n’ont pas la chance d’être bien nés, au bon endroit, avec les bons parents ? Je pense que vous lui faites là un procès d’intention injuste en tous les cas excessif. Si c’était le cas, je serais d’accord avec vous pour dire qu’il est un fasciste libéral : détestant le faible, voulant l’empêcher de nuire. La haine du faible, c’est le fascisme. Le faible s’appelle l’immigré, l’étranger, le juif, l’arabe, le pauvre, le miséreux, le crasseux. La haine du faible, c’est la haine de soi, la lâche fuite devant sa propre faiblesse. Macron, ça n’est pas ça. Je devrais dire que Macron, je l’espère, ça n’est pas ça. Le Pen, c’est ça. Un doute d’un coté, une certitude de l’autre.

L’extrême droite au pouvoir, c’est l’interdiction des associations qui ne leur plaisent pas, c’est la réorganisation des bibliothèques municipales afin d’y retirer les livres qui ne leur plaisent pas, c’est la mise au pas graduelle de la presse en privilégiant les fake news et une vérité officielle mensongère. C’est susciter la violence contre eux, les manifestations, pour pouvoir mieux la réprimer et taper sur les opposants. C’est créer cette dialectique : révolution-contre révolution. C’est légitimer la violence politique, policière et parfois militaire en se parant de la défense de l’ordre public contre la violence des réactions que ne manqueront pas de susciter leurs premières décisions.
Macron ça n’est pas (et là, je le sais).

Vous savez tout ça, vous me direz. Inutile de vous le rappeler.
Votre dilemme demeure donc.

Je pense encore une chose. L’Europe a été construite pour éviter que les nations règlent leurs problèmes de gré à gré, deux à deux, face à face. Pour éviter la guerre.
Revenir à cette Europe, c’est réellement prendre le risque de la guerre.
Vous voulez que je vous dise ma trouille ?
La victoire de Le Pen, favorable à la sortie de l’Euro et de l’Europe, va créer une crise financière, en France, en Europe et dans le monde. La France, ça n’est pas l’Amérique. Si la plus puissante économie mondiale peut se permettre d’élire Trump (un gros libéral admiré par Le Pen) et imposer ainsi son choix au monde, la France n’a pas cette puissance et ne peut rien imposer à personne.
Sauf sur le plan moral.
La France peut aujourd’hui être la honte de l’Europe en revenant à ses démons d’autrefois, elle peut être la crainte de l’Europe en la faisant exploser (non pas en la réformant ou en l’améliorant, en la faisant littéralement exploser), ou elle peut de nouveau être le pays qui résiste, un modèle pour tous les autres. Ce choix est aussi le nôtre.
Revenons à ma crainte : La sortie de l’Euro va créer une vraie crise financière et économique. Les nations vont être obligées soit de s’entendre entre elles sans la France, soit de s’entendre entre elles de gré à gré comme avant. Alors oui, la France va nouer des relations bilatérales. Et ça c’est le risque de la guerre.
Oui, ça semble grandiloquent, et je suis peut-être ridicule en disant cela, mais il y a un risque de créer aujourd’hui, par notre vote, par notre abstention, de créer un monde où la guerre est de nouveau possible.

Je ne crois pas que Le Pen et Macron soient le même mal. Même si on pense qu’ils sont tous deux un mal, ça n’est pas le même et ça n’est pas la même intensité.

Vous favoriseriez Le Pen pour accélérer l’alternance de gauche plus tard ? Macron sera également menacé d’une alternance à gauche. Mais attention : l’alternance à Le Pen Ne sera pas seulement la gauche. Ce sera aussi la droite ou le centre. Ce calcul est bien aléatoire.

Alors pourquoi choisir ?

Ne soyez pas la génération qui a permis la victoire de Le Pen. Vous n’êtes pour rien dans son ascension, vous n’êtes pour rien dans sa place aujourd’hui.
Mais vous pouvez aujourd’hui faire quelque chose pour qu’elle n’arrive pas au pouvoir.
Je reprends donc : ne soyez pas la génération qui n’aura pas tout fait pour lui faire barrage. Cette génération là sera historiquement celle de la honte.
Macron ne sera pas votre honte. Il sera ce que vous détestez, ce que vous combattez, et vous pourrez le faire dès les législatives.
Voter pour lui c’est juste ne pas consentir à la victoire de l’extrême droite. Juste cela et rien d’autre.
Macron, pour vous, n’est pas aujourd’hui le nom de l’ultra-libéralisme, de la finance toute puissance, du mépris pour ceux qui souffrent. Non, Macron, pour vous aujourd’hui c’est le nom du NON à Le Pen. C’est tout.

Je le sais, Chirac en 2002 ne vous a pas aidé. Il a été élu avec 80% des voix et n’en a pas tenu compte. Il n’a pas tenu compte que son nom était celui d’un rassemblement. Et j’entends l’argument qui dit : je ne veux plus me faire avoir.
J’aurais envi de répondre : personne ne s’est fait avoir. Personne n’a été dupé au bout du compte. Chirac a été méprisant pour ses électeurs, mais ses électeurs savaient aussi à quoi ils disaient non et à quoi ils ne disaient pas « oui ».

Ai-je seulement éclairé votre dilemme ?
Je sais qu’il est dur. Je sais qu’il est douloureux.
C’est le début d’une période politique compliquée dont vous faites déjà, aujourd’hui, l’expérience.

Je vous salue et j’accueillerai votre choix soit avec joie, gratitude et fierté pour la France, soit avec mélancolie.
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16 commentaires:

  1. C'est un texte magnifique et dépouillé de tout verbiage ! Personne ne peut rester sourd à ce témoignage, vos lignes sont un appel pondéré à une France libre déja, avant d'être juste pour tous.
    Merci.

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  2. Magnifique, Merci. Nina Grojnowski-Kehayan

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  3. J écris sur le compte de mon amie.
    Bravo et merci pour cette argumentation qui m'aidera pour convaincre autour de moi (j'en ai retourné une au téléphone ce matin).
    Pour la petite histoire je suis aussi un ancien de Jacques Decour, aussi juif et ai aussi profité de l'ascenseur social qui fonctionnait à l'époque et devenu médecin.

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  4. Cher Eric tu as raison et malheureusement je pense que ce deuxième tour me fait penser au lièvre et à la tortue... Jean-Michel VOISIN

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  5. Merci pour ces mots bien choisi, mais j'ai peur que ces mots atteignent seulement une audience déjà conquise.

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  6. Cher Éric,
    Je me permets de vous appeler par votre prénom, mon mérite s'appelle Éric :)
    OK.
    Vous venez de me convaincre même si je pense que j'étais déjà sur la "bonne pente".
    Au dernier moment, dans l'isoloir, comme je l'ai fait en 2002, je sais que j'aurai mis le bulletin anti peste dans l'enveloppe.
    Je suis aussi petite fille de juifs polonais.
    Mon grand-père a aussi été arrêté en France,en zone libre, déporté et mort à Maidenek.
    Ne laissons pas notre beau pays être une tâche dans cette Europe que nous aions et qui contribue oh combien à vivre en paix.
    Au plaisir.

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  7. Je pense que je vais relire votre papier plusieurs fois dans le courant de la semaine prochaine afin d'être en paix avec ma décision. Le risque de voir MLP élue n'est pas quantifiable, alors je me dis que je ne peux pas prendre le risque d'attendre et voir, après il sera trop tard. La tentation est grande de formuler un rejet en bloc de tout ce système, mais finalement par vos mots vous m'avez quasiment convaincue que le rejet et la protestation vont devoir s'exprimer autrement et à un autre moment. En tout cas merci d'avoir voulu et su coucher sur papier des propos qui nourrissent un réel besoin d'analyse chez beaucoup d'électeurs et j'espère que vous serez lu par de nombreuses personnes hésitantes comme moi.

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  8. Je prends le temps de répondre, parce qu'il est vraiment plaisant d'avoir enfin une véritable argumentation qui ne repose pas sur une simple culpabilisation, une technique totalement contre-productive. Merci d’avoir essayé de comprendre le ressenti et de vous mettre à la place de ceux qui se trouvent dans la position « d’abstentionniste militant »

    Il faut comprendre que pour ceux qui souhaitent s'abstenir ou voter blanc par rejet pour ces deux politiques, la honte se trouve aussi dans l'élection de Macron. Je m'explique :

    Le FN est une abomination qui a construit son édifice à partir des sentiments les plus vils. A mesure, cette abomination a opéré un changement purement cosmétique dans l'objectif d'élargir le spectre des éléments négatifs qui pourrait la nourrir. Ainsi par ce subterfuge, elle a su attirer également les ressentiments, causés par la misère, la précarité, l'accroissement des inégalités, l'insécurité, etc.

    D'où sont naît toutes ces "agressions" qui harassent le peuple ? Je vais vous répondre en toute logique et sans surprise, vous l'évoquez même dans votre texte me semble-t-il : les politiques menées jusqu’à présent, s’inscrivant dans une logique libérale faisant le jeu des oligarques et des puissances d'argent, menée en dépit de toute notion autre que financière. Je ne veux pas ici insinuer que cette conception est le mal absolu, il existe je pense bien des nuances de cette politique libérale. Certaines sont peut-être même compatible avec les valeurs naturelles et essentielles. Je ne suis pas assez initié pour faire davantage qu'une supposition.

    Le problème est que face à cela il y a le projet de Macron. Il est dans la droite lignée de cette politique qui a fait croitre le FN, mais bien pire encore : il en est le représentant le plus extrême. Il prône la destructuration complète en brisant les cadres permettant de limiter les abus, en bafouant les acquis sociaux obtenus par des années de luttes. En supprimant les filets de sécurité, sous couvert du dialogue sociale il promet en réalité des rapports de force constant. L’arsenal de chaque parti est très déséquilibré, et risque d’aboutir à la course de l’accord le plus strict pour faire face à la concurrence. Ainsi, tandis que l’un des partis pourra invoquer l’épée de Damocles, forgée par les « il y en a 10 qui attendent derrière la porte », « nous allons mettre la clé sous la porte si on ne fait pas ça » et autre menace de perte d’emploi, l’autre devra se contenter d’être plus flexible.

    Permettez-nous de penser que c’est le genre de politique prompt à amplifier les rancoeurs et les ressentiments, nourrissant plus grassement encore l’immonde bête FN. Macron n’est rien de plus que la synthèse plus forte encore des deux derniers présidents décriés, il est celui qui fera de la main qui donne à manger au monstre un restaurant trois étoiles. On se demande bien comment il a pu en arriver là, alors qu’il incarne ce qui a été rejeté, en pire. L’emballage « beau, jeune, dynamique, agile, flexible » semble avoir fait son effet …

    Pour tout ceux qui ont pleinement conscience du dilemme auquel ils font face, comprenez bien que la honte se trouve des deux cotés : l’élection de la bête ou de son maitre-dresseur. La magouille de l’élu des élites face à l’épouvantail oligarchique. Le choix d’un cancer suivant sa fulgurance.

    Le jeu a assez duré, l’impression d’être pris pour des cons est grandissante. Le volonté première des abstentionnistes militant est de se retirer de ce qui parait à leurs yeux une immense manipulation.

    Merci de m’avoir lu, et je tiens à répéter une chose : ça fait plaisir de voir que même si elle n’est pas forcément cautionnée, la position est comprise et respectée par certains.

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  9. Hé bien moi, Monsieur, vous ne m'avez pas convaincu. Je glisserai dimanche 07 mai un bulletin Le Pen, non pas par adhésion mais par rejet de cette politique ultra-liberale qui va se déchaîner sur la France d'en-bas à laquelle j'appartiens et qui en a assez de subir les attaques répétées de cette caste de nantis. Je suis aussi issue de l'immigration (la France est allée chercher mon père dans sa montagne de l'Anti-Atlas marocain), je peux comprendre votre "peur" même si je la trouve excessive, j'ai moi-même et bon nombre de mes "semblables" subi le racisme et les discriminations mais aujourd'hui, l'heure de la réconciliation est arrivée, ce qui nous unit est plus grand et plus fort que ce qui nous divise. L'ultra-liberalisme de Macron broyera de la même manière les Français issus de l'immigration et les Français de souches plus anciennes.

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  10. Moi aussi je suis petit-fils d'immigré polonais, catholique, et fils de mineur.

    Pour autant je voterai blanc car si je suis opposé au FN, je suis tout autant opposé à Macron qui représente à mes yeux la quintessence de la gauche caviar, de la bobo sphère.

    Les élites ont oublié le peuple, les ouvriers, les employés, les gens d'en bas, les sans grade. Et c'est cela qui fait monter les extrêmes, le FN, et Mélenchon.
    Culpabiliser les gens cela ne sert à rien, il faut traiter le mal à la racine.

    La semaine prochaine on aura soit une facho au pouvoir, soit un banquier méprisant. De toutes façons, il n'auront pas de majorité parlementaire pour gouverner.

    Je ne pense pas que MLP, même présidente, puisse faire un coup d'état et imposer une dictature, c'est du pipeau.

    Si elle est élue, ce sera une honte non pas pour le peuple français, mais pour ses élites.

    Si EM est élu, toute l'élite bien pensante se réjouira, affirmant que l'honneur de la France est sauf. Dans ce cas, faute de honte, les élites se contenteront de médiocrité.

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  11. Dans Un monde sans pitié, vous disiez je cite de mémoire ce film qui m'a marquée) : Et qu'est-ce qu'il nous reste à nous ? L'Europe ? Vous croyez que ça nous fait rêver l'Europe ?
    Et vous, visionnaire M. Rochant, vous croyez que ça a beaucoup changé pour nous ?

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    1. Tout d'abord, merci à Eric Rochant, très argumentée et surtout respectueuse et donc propre à favoriser toutes les réflexions "civilisées" !.... Il y est dit : /// ""On peut avoir l’opinion contraire : Le projet de Macron serait justement ce qui crée de l’inégalité, de la précarité et donc de la violence sociale, et donc du désespoir, et donc nourrirait la tentation de l’extrême-droite. J’entends cette opinion."" /// et plus loin : ///"" ... jegagne enfin bien ma vie ...."" etc... /// et voilà donc une des raisons principales : la différence de classe sociale, trop souvent occultée, et même principe rejeté car devenu honni par nos médias et politiques dominants, alors qu'il s'aggrave de façon insupportable provoquant une méconnaissance mutuelle et incompréhensions aggravées ! et donc que dire?, sinon : DOMMAGE !

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  12. Voyez-vous vous avez sans doute raison sur bien des points ... mais j'aurais aimé que ce soit Emmanuel Macron lui-même qui prononce certaines de ces paroles. Or jusqu'à présent je l'ai surtout entendu assurer de son respect les électeurs de François Fillon ! Je ne l'ai pas entendu dire qu'il savait que quelque soit son score final il y aurait parmi ces voix celles de personnes qui restaient opposées à son projet et que ces personnes étaient à tout le moins estimables. Bien au contraire je l'entends promettre que sa première mesure sera de détruire le code du travail par ordonnance dont en s'appuyant sur la seule légitimité des voix qu'il aura obtenues (et donc de la mienne si je votais pour lui !). J'entends aussi dire que Xavier Bertrand c'est pas si mal ... et ma voix servirait à ça ?
    Ce n'est pas ce que dit Jean-Luc Mélenchon qui déterminera mon choix, mais ce que dit ou dira Emmanuel Macron ... et pour l'instant il ne me parle pas ! Dommage

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  13. Merci Monsieur pour ce blog/appel/cri d'espoir remarquable. Pour tout dire il m'a pris aux tripes. Bien sur car un peu de votre parcours est aussi le mien. Mais surtout car il analyse clairement cette situation dangeureuse a l'extreme quand beaucoup ne savent pas faire la distinction entre leurs sentiments et l'urgente necessite historique. Trop gates peut-etre. Trop d'errements calamiteux ont eu leu le siecle derniers. Ils est desirable que les absentionistes et les hesitants pensent a prendre leurs Responsabilites. Si par malheur LePen venait a etre elue ce serait autant la faute des votons que celle des abstentionistes au grand malheur des Francais et de la France.
    A nouveau: merci

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  14. Vous écrivez un "je vous ai compris". Mais vous n'en dites rien. Comprenez-vous qu'on vote pour une Mme Thatcher ? Un ami du TTIP ? Un "extrême libéral" ? un Trump ? Votre témoignage est légitime et il faut barrer la route au fascisme, il n'y a aucune réserve. Mais quelle est la solution ? Macron ne fera aucun cadeau, il se gargarisera de notre "adhésion". C'était moins fort en 2002 : Chirac sortait d'une cohabitation et parlait d'une droite sociale. Construisons une solution pour punir en juin tous ces traîtres et renégats qui entoureront Macron. Elle nous manque ! Chabian

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  15. Merci M.Rochant pour votre magnifique lettre aux abstentionistes qui résume ma pensée actuelle. Depuis 2002, comme beaucoup de Français, je ne fais que voter "contre" (contre Le Pen, contre Sarkozy) et jamais "pour", ce qui démontre la faillite intelectuelle de nos élites politiques et la dérive d'un monde économique qui laisse à la traîne certains de nos concitoyens et qui nous a ainsi amené à cette situation actuelle où "les loups risquent de rentrer dans Paris".D'autres choisissent aussi un vote "contre" mais dans l'autre sens et qui pourrait les blamer vu le manque de consideration que nos hommes politiques semblent leur porter depuis plusieurs annees? Alors, oui ma raison me porte bien évidemment à espérer plus que tout à la victoire de M.Macron dimanche prochain afin d'éviter que les obscurantistes ne viennent à mettre à mal notre belle société multi-culturelle française que je souhaite plus que tout protéger; mais j'espère aussi, tout comme vous, que M.Macron sera digne de cette tâche et qu'enfin en 2022, nous soyons en mesure de voter majoritairement "pour" et non encore une fois "contre".
    Bon vote à tous et ne vous abstenez pas le 7 mai, même si vous êtes sceptiques et même en profond désaccord avec M.Macron, afin d'éviter des années sombres pour notre pays s'il tombait dans les crocs acérés des loups de Me Le Pen.

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